C’est le réflexe naturel : « tant qu’à faire, je prends la plus puissante ». Sauf qu’en recharge à domicile, la borne 22 kW est, neuf fois sur dix, de l’argent jeté par la fenêtre. Voici pourquoi.
Ce que la puissance change concrètement
La puissance, c’est la vitesse de recharge. Sur une batterie de 40 kWh environ :
| Puissance | Recharge complète | Pour qui |
|---|---|---|
| 3,7 kW | ~11 heures | Hybride rechargeable, petits trajets |
| 7,4 kW | ~5-6 heures | Maison individuelle : le standard |
| 11 kW | ~3-4 heures | Gros rouleurs (triphasé) |
| 22 kW | ~2 heures | Flottes, entreprises (triphasé) |
Pourquoi le 7,4 kW suffit à la maison
Vous rechargez la nuit. Votre voiture est branchée à 19h, vous repartez à 7h : ça fait douze heures. En 7,4 kW, vous refaites le plein largement, même après une grosse journée. Gagner deux heures sur une charge nocturne ne sert à rien : vous dormez pendant ce temps.
Les deux conditions pour passer au-dessus
Le 11 ou 22 kW n’a de sens que si deux conditions sont réunies :
- Votre maison est en triphasé. Beaucoup de logements sont en monophasé, qui plafonne à 7,4 kW. Passer en triphasé pour la borne, c’est un coût supplémentaire (et parfois un changement d’abonnement).
- Votre voiture accepte cette puissance en courant alternatif. Beaucoup de modèles sont limités à 7,4 ou 11 kW en charge AC, même branchés sur une borne 22 kW. Au-delà, vous payez une vitesse que la voiture ne sait pas encaisser.
Le bon réflexe : vérifiez la puissance de charge AC maximale de votre voiture avant de choisir la borne. C’est écrit dans la fiche technique. Inutile de payer pour du 22 kW si la voiture plafonne à 7,4.
Le cas des gros rouleurs
Si vous faites 150 km par jour et que vous rechargez parfois en journée entre deux tournées, alors oui, le 11 kW (voire 22 si vous êtes en triphasé et que la voiture suit) se justifie. C’est le profil minoritaire, mais réel.
En résumé
Pour une maison classique, en monophasé, avec une voiture rechargée la nuit : 7,4 kW, sans hésiter. Gardez votre budget pour une borne de qualité et une pose propre, plutôt que pour une puissance que vous n’utiliserez jamais. Un installateur sérieux vous le dira — et si on essaie de vous vendre du 22 kW pour un pavillon en monophasé, c’est mauvais signe.

